
Il y a un peu plus de 50 ans, Joe Weider vantait, avec un demi-siècle d’avance, les bienfaits du bodybuilding et sa capacité à ralentir le processus de vieillissement. Des prédictions qui ont été, depuis, largement validées par la communauté scientifique. Aujourd’hui, un grand nombre de baby boomers a déjà compris que, pour lutter contre la fuite du temps, entretenir son physique était sans doute le moyen le plus fiable d’empiler les années un peu moins vite que la moyenne. Au niveau compétitif, rien n’est vraiment différent. Le bodybuilding est une discipline que l’on peu pratiquer longtemps, très longtemps. Rafael Santonja, Président de la Fédération Internationale de BodyBuilding (IFBB), nous annonce même la création de la catégorie des +65 ans au calendrier international...
À l’heure où certains pensent à prendre leur retraite sportive, d’autres débutent. Michel Vossier a fait ses premiers pas de bodybuilder à l’âge de 43 ans! Vétéran des Marins Pompiers et Marseillais pure souche, Michel est, en plus d’être l’une des figures emblématiques de “l’Institut Longchamp”, l’un des compétiteurs les plus constants en terme de résultats et de progression au sein de l’équipe de France IFBB. C’est en 2002 qu’il prend place dans le cercle très fermé des médaillés IFBB, une place qu’il confirme en 2008 puis en 2011, en remportant la médaille d’Or aux championnats d’Europe. Aujourd’hui âgé de 57 ans, il est plus que jamais d’attaque pour renouveler l’exploit, l’or autour du cou et les yeux rivés sur de nouvelles victoires.
FLEX: Tu viens de remporter la victoire aux championnats d’Europe IFBB dans une condition incroyable, sans doute la meilleure forme de ta vie. Comment expliques-tu ce bond en avant?
MICHEL VOSSIER: Ces deux dernières années, je me suis penché sur des entrainements plus techniques, courts, avec peu de temps de repos entre mes séries. C’était juste un essai au départ, mais au fur et à mesure que les semaines passaient, je m’apercevais que j’ obtenais de bons résultats. Je suis aussi passé à 4 jours d’entraînement par semaine au lieu de 7, et quelques changements dans mon alimentation ont complété ces résultats.
FLEX: On aimerait bien connaître le secret de ta longévité!
MV: Je n’ai aucun secret. Je pratique ma passion avec sérieux, et, je le répète, je mise beaucoup sur mon hygiène de vie. Vous remarquerez que mon poids de corps varie peu, que je sois en préparation ou hors saison.
FLEX: Ce titre de champion d’Europe: qu’est-ce que cela signifie pour toi?
MV: Persévérance et sérieux finissent toujours par payer. Je cours depuis des années après un titre international, et voilà, c’est fait ! Mais je ne compte pas m’arrêter là.
FLEX: Quelle a été la toute première compétition de bodybuilding à laquelle tu as participé?
MV: C’était le Grand prix de Bollène en 1997, catégorie Premiers Pas. J’avais 43 ans. Cette année-là, j’étais Champion de Provence et Champion de France.
FLEX: Qu’est-ce qui te motive le plus dans ce sport?
MV: Aller toujours plus loin dans la perfection, et sans cesse me lancer des défis.
FLEX: Quel type d’entraînement te réussit le mieux?
MV: Toute l’année, je m’entraîne très “speed”, avec des séances très courtes mais intensives. Depuis mon accident cardiaque en 2007, j’ai ajouté 90 minutes de cardio (vélo) sur les conseils de mon ami médecin. Bien entendu, je conseille cette pratique à tous.
FLEX: À quoi ressemblent tes séances d’entraînement les dernières semaines avant une compétition?
MV: Les cinq dernières semaines, je fais surtout des entraînements techniques en superset. Par exemple: 1 série longue de 15 reps suivie d’une série avec des répétitions isocinétiques ou en double contraction. Je ne fais jamais plus de 8 séries par groupe musculaire, sachant que je travaille deux groupes par séance. La dernière semaine, je la consacre au circuit training. J’entraîne tous les groupes musculaires à chaque séance, sans dépasser 4 ou 5 séries par groupe.
FLEX: Comment t’organises-tu sur le plan alimentaire?
MV: Toute l’année, je privilégie les hydrates de carbone à tous les repas, les fruits, et j’absorbe très peu de protéines. Bien entendu, certains suppléments alimentaires viennent en complément de mon alimentation journalière.
FLEX: Quel est ton meilleur souvenir de compétition?
MV: Ma réponse sera ambigüe car mon meilleur souvenir aurait dû être mon titre de vice champion du monde en 2002, mais j’étais tellement déçu de passer si près du titre suprême ce jour-là ! Je dirais donc que mon meilleur souvenir, c’est d’avoir entendu la Marseillaise aux championnats d’Europe IFBB 2011.
FLEX: À quoi penses-tu juste avant de monter sur scène?
MV: Je pense à la victoire, à mes proches, et à tous les exploser (rires).
FLEX: Quelles sont les prochaines compétitions auxquelles tu as prévu de participer?
MV: Mon prochain défi, ce sont les championnats du Monde IFBB 2011.
FLEX: Pas trop dur d’enchaîner championnats d’Europe et championnats du monde?
MV: Pas du tout, car ce n’est que la continuité de ma préparation pour les championnats d’Europe, et vu ma motivation et mon dernier résultat, rien ne me semble insurmontable et tout me paraît accessible.
FLEX: Si tu avais un seul conseil à donner à un débutant, ça serait lequel?
MV: De privilégier son hygiène de vie, et, sur un plan plus personnel, de ne jamais faire passer la musculation avant la famille et le travail.
FLEX: Des personnes à remercier?
MV: Je remercie mes partenaires d’entraînement, fidèles depuis des années, Mr René Même qui a toujours été de bon conseil et, bien entendu, Pascale et Marcel Chayard, responsables du New Institut Longchamp à Marseille, où je m’entraîne depuis toujours, et qui mettent à notre disposition toutes leurs compétences et leur gentillesse pour que leurs athlètes réussissent au mieux. Les résultats le prouvent! FLEX
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